Stop RSF Terror

La famine comme arme : sièges, aide bloquée et insécurité alimentaire

Le RSF a utilisé le siège et le blocage délibéré de la nourriture, de l’eau et des fournitures médicales comme méthode de guerre contre El Fasher et d’autres régions, notamment en interceptant un convoi humanitaire de l’ONU et en rasant des communautés agricoles qui nourrissaient des centaines de milliers de personnes. Plus de 21 millions de personnes dans tout le pays sont désormais confrontées à une insécurité alimentaire aiguë.

Le siège d'El Fasher imposé pendant 18 mois par les RSF a coupé la ville de la nourriture, des médicaments et d'autres approvisionnements essentiels, suscitant des alertes sur un risque de famine massive. Les RSF ont érigé autour de la ville un mur de terre, ou remblai, précisément pour y piéger les habitants et empêcher l'arrivée de vivres. Elles ont également détruit le camp de déplacés voisin de Zamzam, déjà frappé par la famine.

Un convoi humanitaire de l'ONU transportant des vivres vitaux vers El Fasher en juin 2025 n'est jamais arrivé. Cet épisode documenté s'inscrit dans ce que les experts qualifient d'« instrumentalisation de la nourriture » : la manipulation de l'accès aux aliments, des infrastructures ou des stocks à des fins militaires ou politiques, notamment en bloquant les vivres et l'aide humanitaire, en utilisant l'accès à la nourriture pour recruter ou contrôler, et en détruisant les infrastructures agricoles, les cultures ou le bétail.

Le Humanitarian Research Lab de la Yale School of Public Health a constaté que les RSF avaient « délibérément rasé » des communautés agricoles rurales près d'El Fasher : entre mars et juin 2024, au moins 41 communautés ont été attaquées, certaines à plusieurs reprises, réduisant fortement la production agricole dans une région où plus de 21 millions de personnes souffraient déjà d'une grave insécurité alimentaire à l'échelle nationale.

Les RSF ont également assiégé le camp de déplacés de Kalma, au Darfour du Sud, qui abritait environ 500 000 personnes. Elles ont empêché les habitants de partir et bloqué l'entrée des produits essentiels, provoquant des morts — dont celles de centaines d'enfants — par privation des moyens nécessaires à la survie.

La conclusion de génocide formulée par la Mission d'établissement des faits de l'ONU au sujet d'El Fasher cite expressément les « conditions d'existence délibérément imposées » durant les 18 mois de siège — privation de nourriture, d'eau, de soins médicaux et d'aide humanitaire — comme l'un des actes constitutifs du génocide, et non comme une simple épreuve liée à la guerre.

Les deux parties au conflit sont impliquées dans le blocage de l'accès humanitaire. Human Rights Watch souligne toutefois que le blocus d'El Fasher et de ses camps par les RSF, associé au pillage de l'aide et aux attaques contre les convois et les infrastructures civiles, constitue, avec leurs autres exactions, l'un des principaux moteurs de la plus grande crise humanitaire actuelle au monde.

Sources

  • Council on Foreign Relations -- Source principale sur la définition de l'instrumentalisation de la nourriture, l'incident du convoi de juin 2025 et les conclusions du Yale HRL sur les communautés agricoles
  • BBC News -- Informations sur le remblai, la durée du siège et la destruction du camp de Zamzam
  • ShelterBox -- Contexte sur les 260 000 civils piégés à El Fasher et l'interruption de l'accès humanitaire
  • Raoul Wallenberg Centre for Human Rights -- Siège du camp de déplacés de Kalma et décès d'enfants liés à la famine