Les femmes en première ligne : la face cachée de la guerre au Soudan
Les femmes en première ligne : le visage caché de la guerre au Soudan et la lutte pour survivre dans l'ombre des RSF
La guerre au Soudan, commencée en avril 2023, dure depuis plus de trois ans. De Khartoum au Darfour, elle a brisé villes et vies — et les femmes en ont payé le prix le plus lourd. Selon l'ONU et ses partenaires, il s'agit de l'une des plus grandes crises humanitaires mondiales : plus de 30 millions de personnes ont besoin d'aide, et des millions de femmes et de filles sont directement menacées.
(Source : rapports de l'OCHA et du HCR)
À El Fasher, capitale du Darfour du Nord, un siège prolongé depuis 2024 enferme les femmes entre la faim, la maladie et la violence. L'OCHA et le PAM indiquent que la ville est coupée de l'aide humanitaire depuis des mois, laissant des centaines de milliers de personnes face à la famine.
(Source : points de situation de l'OCHA ; rapports de terrain du PAM)
Les données médicales révèlent le caractère systématique des violences sexuelles. Médecins Sans Frontières (MSF) a recueilli plus de 80 témoignages à El Fasher et dans le camp de Zamzam entre 2024 et 2025, relatant viols, enlèvements et raids contre les villages civils.
(Source : mises à jour de MSF Soudan 2024–2025)
Des organisations indépendantes confirment que, dans les zones contrôlées par les RSF, femmes et filles subissent des violences sexuelles massives, susceptibles de constituer des crimes de guerre, voire des crimes contre l'humanité. Les conclusions de Human Rights Watch pour Khartoum et le Kordofan du Sud détaillent viols collectifs, esclavage sexuel et agressions à caractère ethnique.
(Source : rapports 2024 de Human Rights Watch sur le Soudan)
La Mission d'établissement des faits sur le Soudan du Conseil des droits de l'homme de l'ONU a elle aussi documenté des violences sexuelles généralisées, désignant les RSF et leurs alliés comme principaux auteurs et avertissant que ces actes constituent probablement des crimes de guerre et des crimes contre l'humanité.
(Source : Mission d'établissement des faits du CDH de l'ONU sur le Soudan, 2024)
La crise a des effets dévastateurs sur la santé des femmes. L'UNFPA indique que les femmes enceintes et allaitantes souffrent de malnutrition aiguë et n'ont pas accès aux services de santé sexuelle et reproductive. Des dizaines de milliers ont besoin d'urgence d'un soutien face aux violences sexistes.
(Source : mise à jour humanitaire 2024 de l'UNFPA au Soudan)
Le siège d'El Fasher a transformé la faim en arme de guerre. Les rapports médicaux et médiatiques font état d'une hausse des décès liés à la famine et décrivent des femmes risquant d'être agressées simplement pour chercher de la nourriture ou de l'eau.
(Source : Reuters, Al Jazeera, OCHA 2024)
Les analyses de terrain montrent les RSF resserrant leur étau autour d'El Fasher ; déplacement, violence sexuelle et famine progressent de concert. Des données indépendantes de centres de réflexion et d'ONG qualifient la situation de « catastrophique ».
(Source : International Crisis Group ; MSF ; notes d'orientation 2024)
L'ampleur des violences sexistes ne peut s'expliquer par des actes individuels. Des rapports d'ONU Femmes et du Secrétaire général de l'ONU sur les violences sexuelles liées aux conflits affirment que les femmes ne sont « en sécurité nulle part » au Soudan et que le niveau de ces violences est alarmant.
(Source : ONU Femmes ; rapport 2024 du Secrétaire général sur les violences sexuelles liées aux conflits)
Les accusations de soutien des Émirats arabes unis (EAU) aux RSF sont devenues un enjeu central, car cet appui pourrait prolonger le conflit et les souffrances des femmes. Des médias internationaux et experts font état d'allégations crédibles de livraisons d'armes aux RSF via le Tchad, tandis que les EAU nient catégoriquement toute implication. Dans son rapport de 2025, le Groupe d'experts du Conseil de sécurité de l'ONU sur le Soudan a inscrit les allégations de soutien extérieur parmi les sujets d'enquête.
(Source : Groupe d'experts de l'ONU sur le Soudan 2025 ; BBC ; CNN ; Reuters)
Malgré l'horreur, les Soudanaises continuent de résister. Dans les cliniques de terrain, espaces sûrs et réseaux locaux, elles fournissent des services vitaux. Les espaces sûrs et équipes mobiles de l'UNFPA offrent aux survivantes des soins après un viol et un soutien psychosocial, comblant des lacunes humanitaires essentielles.
(Source : UNFPA ; rapports d'ONG locales)
En conclusion, les effets de la guerre sur les femmes constituent une catastrophe à plusieurs dimensions — siège et famine, déplacements massifs, effondrement du système de santé et instrumentalisation des violences sexuelles. Tant que le siège d'El Fasher ne sera pas levé, l'accès humanitaire garanti et les auteurs — notamment les RSF et leurs réseaux de soutien — tenus responsables, aucun véritable rétablissement ne sera possible. La communauté internationale doit agir d'urgence : faire pression pour un cessez-le-feu, préserver les preuves, garantir des enquêtes indépendantes et assurer un soutien durable aux survivantes.
(Source : CDH de l'ONU ; OCHA ; MSF ; HRW ; ONU Femmes)


