Stop RSF Terror

El Fasher : une ville assiégée

La catastrophe humanitaire actuelle à El Fasher et le besoin urgent d’une action internationale.

El Fasher assiégée : la faim comme arme dans la guerre au Soudan

El Fasher, capitale du Darfour du Nord, est assiégée depuis plus d'un an, laissant des centaines de milliers de civils pris au piège sans accès fiable à la nourriture, à l'eau ni aux soins médicaux. Les Forces de soutien rapide (RSF) ont encerclé la ville, coupé les principales routes et voies d'approvisionnement et bombardé sans relâche marchés et convois humanitaires.

Les organismes humanitaires avertissent que le siège a fait place à des conditions de famine. Selon le Programme alimentaire mondial et l'UNICEF, des enfants meurent de faim, de nombreux ménages consomment du fourrage ou des déchets alimentaires et les taux de malnutrition ont explosé. Un rapport évoque des « personnes ne survivant qu'avec du mil » dans la ville, où l'accès humanitaire reste souvent bloqué.

Documents et témoignages montrent que les forces contrôlées par les RSF entravent délibérément l'aide humanitaire : des convois ont été attaqués, des routes minées ou bloquées et des civils empêchés de fuir. En juin, un convoi alimentaire à destination d'El Fasher a ainsi été attaqué, faisant cinq morts et détruisant les provisions.

Le siège d'El Fasher n'est pas un simple dommage collatéral : il répond aux critères de l'emploi de la famine des civils comme méthode de guerre. Médecins Sans Frontières (MSF) indique que depuis mai 2024, les RSF et leurs alliés ont systématiquement privé la population de nourriture, d'eau et de soins, en référence à des projets visant à « nettoyer El Fasher » de ses communautés non arabes tout en maintenant le siège.

Les rapports internationaux soulignent aussi le rôle du soutien militaire extérieur. Si les RSF dirigent le siège, des pays comme les Émirats arabes unis (EAU) sont accusés de leur fournir un appui logistique, militaire et financier, permettant à des sièges comme celui d'El Fasher de perdurer. Une enquête d'Amnesty International a identifié des bombes guidées et obusiers de fabrication chinoise employés par les RSF, presque certainement réexportés par les EAU.

L'impact humanitaire est dévastateur : les prix alimentaires ont flambé, les cuisines communautaires ont fermé et plus de 300 000 personnes restent piégées sous des bombardements constants et confrontées à une faim extrême. Une déclaration conjointe de l'ONU rapporte que plus de 60 personnes — surtout des femmes et des enfants — sont mortes de malnutrition en une semaine à El Fasher.

Le Haut-Commissariat de l'ONU aux droits de l'homme (HCDH) a par ailleurs recensé au moins 782 morts civils pendant le siège et demandé la cessation immédiate des hostilités ainsi qu'un accès humanitaire sans entrave.

En conclusion, le siège d'El Fasher est plus qu'une conséquence tragique de la guerre : c'est une catastrophe humanitaire orchestrée, où la stratégie de blocus des RSF, rendue possible par des acteurs extérieurs comme les EAU, transforme la faim en arme contre les civils. La communauté internationale doit agir immédiatement pour briser le siège, protéger les non-combattants et demander des comptes à ceux qui rendent ces crimes possibles.

El Fasher assiégée
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